Des fournisseurs de steaks hachés contaminés face à la justice

Des fournisseurs de steaks hachés contaminés face à la justice

 

Les séquelles sont irréversibles. « Une maladie rare, un accident de voiture, j’aurais pu comprendre, mais pas un simple steak haché. » Priscilla a vu sa vie basculer en juin 2011 après avoir donné à manger à son fils, alors âgé de deux ans, un steak haché de la marque Country acheté chez Lidl mais produit par l’entreprise SEB. En cause: la viande était contaminée par la bactérie E.coli. Aujourd’hui, le petit garçon est handicapé à 80%, incapable de marcher ou de s’exprimer.

A partir de ce mardi, deux anciens dirigeants du fabriquant SEB, basé à Saint-Dizier en Haute-Marne, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Douais, dans le Nord, pour, notamment, « blessures involontaires par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à trois mois », « tromperie sur une marchandise entraînant un danger pour la santé de l’homme » ou « mise en danger ». Ils sont soupçonnés d’avoir négligé les contrôles sanitaires permettant une prolifération de la bactérie.

Négligence des consommateurs

Des études, plus coûteuses, auraient alors dû être réalisées ou l’entreprise aurait pu destiner ce lot à la confection de plats préparés, la bactérie disparaissant lors d’une cuisson à 65 degrés. Aujourd’hui, l’ex patron de SEB et l’ex-responsable qualité et hygiène de l’entreprise se rejettent la faute. « L’employé dit ‘C’est le patron qui m’a dit de pas respecter le cahier des charges’ et le patron dit qu’il n’a jamais demandé ça, on est dans une cour de récréation! », déplore Me Florence Rault, l’avocate de la famille de Nolan. UFC-Que Choisir Lille, qui s’est constitué partie civile, reproche également à Lidl de ne pas avoir été plus intransigeant.

Pour la défense, la négligence des consommateurs serait responsable de la prolifération de la bactérie E.coli alors que la chaîne du froid n’aurait pas été respectée. « Il n’y aurait pas eu de problème si effectivement ces steaks hachés surgelés n’avaient pas été décongelés avant d’être cuits et ensuite étaient cuits à coeur et qu’effectivement on arrive à des températures qui permettent de tuer les bactéries en question », estime Me Arnaud Vauthier, l’avocat de l’ancien dirigeant qui encourt jusqu’à trois ans de prison.

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